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Nouméa, vendredi 6 décembre 2019
   

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« L’école plurilingue dans les communautés du Pacifique »

Séminaire international du 18 – 27 octobre 2010 - Nouméa – Nouvelle-Calédonie


voir aussi pour plusieurs des interventions le portail de l’ALK :
http://www.alk.gouv.nc/portal/page/portal/alk/ress_docu/lecoleplurilingue

 

 

Le Pacifique abrite environ deux mille langues, soit un tiers des langues parlées dans le monde. Certains états insulaires de cette région présentent une forte homogénéité ethnolinguistique et une faible proportion de composantes allochtones et alloglottes dans leur population (Tonga, Samoa...). Mais, dans la plupart des communautés, les situations sociolinguistiques sont très complexes avec une grande diversité linguistique autochtone, surtout en Mélanésie, et un apport important de populations d’origines multiples qui se sont installées durant la période coloniale et contemporaine. Toutes ces entités ont l’anglais ou le français, langues de l’ancien colonisateur, pour langue officielle et principale langue de scolarisation (les deux pour le Vanuatu ; l’île de Pâques, sous tutelle du Chili, fait exception avec l’espagnol). L’hétérogénéité linguistique des populations contemporaines favorise la pratique de ces langues, ou d’une langue de contact qui en dérive (bislama, tok pisin...), comme langue véhiculaire. Les Océaniens demeurent cependant attachés à leurs langues d’origine comme marqueur identitaire et vecteur de leur patrimoine culturel. De fait, partout en Océanie, suite à l’émergence de discours souverainistes dans les années 1970, la législation a entériné la prise en compte des langues autochtones à l’école. Les systèmes éducatifs de ces communautés sont donc à la recherche d’un équilibre performant entre, d’une part, l’impérieuse nécessité d’une intégration au développement mondialisé et aux standards éducatifs internationaux pour favoriser la mobilité sociale et professionnelle, et, d’autre part, la volonté de préserver et de transmettre les langues et les cultures locales (Mugler, Lynch, 1996 ; Vernaudon, Fillol, 2009). Cette exigence s’inscrit dans une prise de conscience plus globale de la richesse, mais aussi de la précarité de la diversité bioculturelle de la Terre (Skutnabb-Kangas, Maffi, Harmon, 2003). Les travaux scientifiques internationaux dans le domaine du bilinguisme tendent à mettre en évidence des effets de transfert réciproque de compétences entre la langue maternelle et la langue seconde. Les méta-analyses effectuées sur les dispositifs d’enseignement bilingues s’accordent sur leur impact positif (Cummins, Corson, 1997 ; Greene, 1997 ; Bialystok, 2001). Des résultats équivalents ont été répliqués en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française (Nocus, Guimard, Florin, 2009). Cependant, il convient de poursuivre les validations expérimentales dans des contextes sociolinguistiques différents.








 
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